Les Sang et Or auront tout donné, ce samedi soir. Sans un but lorientais contre le cours du jeu, peu avant la pause, et sans un manque de réussite flagrant en seconde période malgré une égalisation rapide d'Eduardo, le Racing aurait pu espérer mieux que le seul point du match nul (1-1) au terme d'une rencontre marquée du sceau de la révolte. C'est donc à Sochaux, samedi prochain, qu'il faudra forcer le destin !
En l'absence de Sow, souffrant, et avec un Chelle laissé sur le banc car diminué après sa fracture du nez, Jean-Guy Wallemme avait opté pour le onze suivant : Runje dans les buts, Yahia et Sartre en défense centrale, Demont et Ramos sur les côtés, Kovacevic et Hermach à la récupération, Roudet à l'animation, Boukari et Monnet-Paquet sur les ailes et Eduardo en pointe.
En pleine spirale négative, les Sang et Or étaient, à juste titre, attendus au tournant par Bollaert. Les critiques avaient-elles enfin étaient entendues ? Quoi qu'il en soit, dès l'entame, les joueurs artésiens démontraient une réelle volonté de se battre – ensemble ! – sur chaque ballon. Si Lorient ne parvenait pas à développer son jeu technique, il manquait encore, dans cette première période, côté lensois, ce brin de confiance, cette capacité à changer de rythme pour parvenir à mettre en danger l'adversaire. Après une frappe de Boukari stoppée au ras du poteau au quart d'heure de jeu (16e), il fallait attendre la demi-heure pour voir Audard à la peine. Obligé de sortir au pied au devant d'Eduardo lancé en contre par Roudet, le gardien lorientais ne pouvait que dégager le ballon sur Monnet-Paquet qui, à vingt mètres, tentait sa chance face au but vide mais un défenseur s'interposait sur la trajectoire du ballon (28e). A l'issue d'un nouveau contre, Monnet-Paquet remettait le couvert mais voyait sa frappe renvoyée par un dos breton (33e). Toujours en contre-attaque, Eduardo passait le gardien et s'apprêtait à ouvrir le score mais était stoppé par l'arbitre pour un hors-jeu des plus « limite » (35e). Puis c'était une frappe enroulée des trente mètres de Roudet qui passait juste au-dessus du cadre d'Audard, battu sur l'action (37e).
Faute de réalisme nordiste, et une minute après un missile de Vahirua dévié en corner (41e), c'est Lorient qui trouvait l'ouverture peu avant la pause. Sur une action rapidement menée, Gameiro, face à deux défenseurs lensois, parvenait à servir Sosa qui, démarqué dans la surface, avait le temps de contrôler avant de glisser le ballon sous le corps de Runje (0-1, 42e). Sonné par ce coup du sort, les Sang et Or manquaient même de peu d'encaisser ce qui aurait été le but du k.o. sur une frappe de Gameiro, à l'entrée de la surface, heureusement non cadrée (43e). Le destin semblait s'acharner sur les hommes de Jean-Guy Wallemme qui rentraient aux vestiaires avec un tableau d'affichage en leur défaveur et quelques sifflets peu mérités.
A la reprise, on pouvait craindre l'abattement, côté lensois. Il n'en était rien. En moins de quatre minutes, le Racing remettait les pendules à l'heure. Bien servi sur son aile droite par Hermach, Monnet-Paquet adressait un centre au premier poteau pour Eduardo dont la tête plongeante surprenait Audard (1-1, 46e). Enfin, après près de sept heures et demie de disette, Lens inscrivait un but en championnat ! Dès lors les attaques lensoises se succédaient. Peu avant l'heure de jeu, le Racing obtenait un coup franc à la limite de la surface. Feintant la frappe, Demont servait Boukari, dix mètres sur sa gauche. A seize mètres, face au but, l'attaquant lensois voyait sa reprise s'écraser sur la transversale (58e) ! Puis sur une contre-attaque consécutive à un coup franc lorientais renvoyé, les Sang et Or se présentaient à trois contre deux. Oubliant ses équipiers, Monnet-Paquet parvenait néanmoins à dribbler les deux défenseurs avant de perdre son duel face à Audard qui déviait en corner le tir à bout portant (63e). Rageant pour Monnet-Paquet qui laissait ensuite sa place à Akalé (65e).
Le Racing, maîtrisant le jeu, continuait à harceler son adversaire. Sur une nouvelle contre-attaque, Eduardo centrait en retrait pour Roudet dont la frappe, à l'entrée de la surface, raclait le dessus de la transversale d'un Audard particulièrement en veine (67e). Quelques minutes plus tard, ce même Roudet, sur une remise de la tête d'Akalé, avait à nouveau l'occasion de donner l'avantage aux siens mais, bien qu'idéalement placé, manquait cette fois-ci complètement sa reprise (70e). Lorient se décidait à réagir et à se montrer dangereux à son tour. Tout d'abord par Amalfitano qui, pénétrant dans la surface, voyait sa frappe contrée in extremis par le retour de Ramos (71e). Puis par Gameiro qui, parfaitement lancé dans le trou par Vahirua, tentait une frappe piquée devant Runje qui retombait à côté du cadre (76e). Après ces deux alertes, Lens, où Jemaa venait de remplacer Boukari (79e), repartait de l'avant. Alors qu'il filait au but, Roudet était stoppé par un nouvel hors-jeu litigieux (80e), puis manquait sa reprise à la conclusion d'un joli mouvement collectif (82e), avant de laisser sa place à Milovanovic (86e).
En fin de match, le Racing multipliait les offensives sans plus parvenir à inquiéter Audard, et c'est même Lorient qui, dans les arrêts de jeu se procurait l'ultime occasion de la partie. Sur un coup franc à trente mètres face au but, Monterrubio, fraîchement entré en jeu, expédiait un boulet de canon au ras du poteau obligeant Runje, très peu sollicité jusque là, à sortir la parade du match (92e) ! Au vu des efforts entrepris et de la solidarité démontrée, ce soir, par les Sang et Or, ce second but lorientais aurait été le plus cruel épilogue à cette rencontre. Une rencontre qui, si elle ne signe pas le retour en grâce du Racing, réveille néanmoins quelques lueurs d'espoirs dans le c½ur des supporters lensois. Et cela fait du bien...